Santé mentale : penser autrement, agir maintenant
27 janvier 2026
De 18h30 à 21h15

Présentation de l'événement
Désignée Grande Cause Nationale pour 2025, prolongée en 2026, la santé mentale s’impose aujourd’hui comme un enjeu majeur de santé publique, mais aussi d’innovation et de transformation des pratiques. Dans ce contexte, Bpifrance, via La French Care, a récemment publié une note de référence dédiée aux défis sanitaires, économiques et technologiques liés aux troubles psychiques, offrant un état des lieux structurant du secteur.
Cette réflexion se prolonge avec un nouveau Look’Up du Hub, organisé par Bpifrance Le Hub en partenariat avec la Fondation FondaMental. À cette occasion, chercheurs, médecins et entrepreneurs ont confronté leurs expertises pour explorer collectivement les solutions de demain, plus durables, plus humaines et mieux ancrées dans les réalités du terrain.

Autour de la table
- Clémentine Lamarre, Responsable sectorielle santé, Bpifrance
- Lucie Berkovitch, Psychiatre et Chercheuse en neurosciences, GHU Paris
- Marion Leboyer, Professeure et Directrice, Fondation FondaMental
- Martin Denais, CEO, Callyope
- Iris Maréchal, CEO, Theremia
- Virginie Malnoy, Co Founder, Pleinia (modération)
Une crise systémique devenue prioritaire
En ouverture, Clémentine Lamarre, Responsable sectorielle santé chez Bpifrance, rappelle l’ampleur du défi.
Chaque année, près de 13 millions de personnes sont concernées par un trouble psychique en France. La santé mentale constitue désormais le premier poste de dépenses de l’Assurance maladie, avec plus de 23 milliards d’euros engagés, et un coût global dépassant les 160 milliards d’euros par an lorsque les impacts indirects sont pris en compte.
Face à l’augmentation des besoins, à la saturation des parcours de soins et à la pénurie de professionnels, le constat est partagé : le système atteint ses limites et appelle des réponses structurelles.

Psychédéliques : un tournant thérapeutique encadré par la science
Lors de sa keynote, Lucie Berkovitch, psychiatre et chercheuse en neurosciences au GHU Paris, a dressé un état des lieux des connaissances sur les psychédéliques en psychiatrie. Longtemps associés à des usages récréatifs, ils font aujourd’hui l’objet de programmes de recherche clinique rigoureux. Les données disponibles mettent en évidence des effets prometteurs dans plusieurs indications, comme la dépression résistante, les troubles anxieux, les addictions ou le stress post-traumatique. Ces approches se distinguent notamment par une rapidité d’action parfois observable dès la première administration, une efficacité qui peut s’inscrire dans la durée, ainsi qu’un mécanisme d’action fondé sur la stimulation de la neuroplasticité cérébrale.
Ces traitements s’intègrent toutefois dans un cadre strict de psychothérapie assistée, associant administration contrôlée, accompagnement médical étroit et suivi psychothérapeutique. Leur déploiement à plus grande échelle pose encore des enjeux structurants, en particulier en matière de formation des professionnels, d’organisation des parcours hospitaliers et d’accès équitable pour les patients.

La psychiatrie de précision, socle de la médecine de demain
Dans une keynote structurante, Marion Leboyer, Professeure et Directrice de la Fondation FondaMental, a replacé ces avancées dans une transformation plus profonde : celle de la psychiatrie de précision, déployée en France dans le cadre du Programme Français de psychiatrie de précision (PEPR PROPSY).
Pendant des décennies, les diagnostics psychiatriques se sont appuyés quasi exclusivement sur les symptômes cliniques, sans marqueurs biologiques objectifs. Les travaux actuels visent désormais à identifier des biomarqueurs diagnostiques et pronostiques, mieux comprendre l’hétérogénéité des troubles et orienter les traitements selon les mécanismes biologiques sous-jacents.
Imagerie cérébrale, génétique, anomalies du métabolisme ou inflammation chronique, outils digitaux constituent aujourd’hui les piliers de cette nouvelle approche, rendue possible par les grandes cohortes françaises construites à partir des centres experts, plateformes de diagnostic et de recherche coordonnées par la fondation FondaMental, fondation de coopération scientifique.

Numérique et prévention : vers une psychiatrie augmentée
Autre levier central mis en lumière par Marion Leboyer, les outils numériques ouvrent de nouvelles perspectives en psychiatrie.
Le suivi objectif du sommeil, de l’activité ou de certains marqueurs comportementaux permet une évaluation clinique plus fiable, favorise une détection plus précoce des rechutes et soutient un accompagnement continu des patients. Les dispositifs déjà expérimentés comme mental Wise (Semeia) testé dans le cadre de l’article 51 (Passport BP) produisent des résultats concrets, avec une baisse des hospitalisations, une diminution des tentatives de suicide et une amélioration mesurable de la qualité de vie.
Leur déploiement à grande échelle appelle toutefois une vigilance particulière sur les enjeux d’accessibilité, notamment pour les publics les plus éloignés du numérique.

Table ronde : transformer l’innovation en impact concret
Animée par Virginie Malnoy, cofondatrice de Pleinia, la table ronde a réuni deux entrepreneurs engagés dans la transformation des parcours de santé mentale : Martin Denais, CEO de Callyope, et Iris Maréchal, CEO de Theremia.
Avec Callyope, Martin Denais développe des solutions numériques permettant un suivi objectif et continu de la santé mentale, à partir de données telles que le sommeil, l’activité ou certains marqueurs comportementaux. Un levier essentiel, selon lui, pour mieux évaluer les patients, anticiper les rechutes et soutenir la décision médicale dans la durée.

De son côté, Theremia, fondée et dirigée par Iris Maréchal, agit sur un autre maillon clé : l’accès aux innovations thérapeutiques. L’entreprise accompagne la structuration des parcours d’accès précoce aux traitements, afin de réduire le délai entre validation scientifique et mise à disposition réelle pour les patients.
Les échanges ont mis en lumière un enjeu commun : l’innovation existe, mais son impact dépend de sa capacité à s’intégrer concrètement dans les organisations de soins. Décloisonnement des acteurs, simplification des parcours, valorisation de l’engagement des soignants et coopération public-privé apparaissent comme des conditions essentielles pour changer d’échelle.

Penser autrement pour agir maintenant
La conférence l’a montré : la santé mentale entre dans une phase de transformation majeure.
Les avancées scientifiques sont là. Les innovations émergent. Les outils se structurent.
Le défi n’est plus seulement de découvrir, mais de coordonner, déployer et rendre accessibles ces solutions, afin qu’elles bénéficient concrètement aux patients.
Penser autrement, c’est accepter le croisement des disciplines et des expertises. Agir maintenant, c’est transformer cette dynamique collective en impact réel.
Les intervenants
Programme
18h30 – Accueil
18h45- 18h50
– Introduction avec :
Clémentine Lamarre, Responsable sectorielle santé – Bpifrance
18h50 -19h05
– Keynote avec :
Lucie Berkovitch, Psychiatre et Chercheuse en neurosciences – GHU Paris
19h10 – 19h30
– Keynote avec :
Marion Leboyer, Professeur et Directrice – Fondation FondaMental
19h30 – 20h10
– Table ronde avec :
Martin Denais, CEO – Callyope
Iris Maréchal, CEO – Theremia
20h10-20h20
– Q&R
20h20- 21h15
– Cocktail de networking
Informations pratiques
Horaire et lieu
De 18h30 à 21h15
Bpifrance - Le Hub - 4ème étage 6-8 boulevard Haussmann
75009 Paris