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Pourquoi les grands groupes s’intéressent au corporate venture (ou le devraient)

Le corporate venture peut prendre de nombreuses formes et répondre à des problématiques variées aussi bien côté groupe que côté start-up. Avec un dénominateur commun : évidemment, comme dans toute participation capitalistique, les risques sont grands que la greffe ne prenne pas. Mais l’opération est toujours mutuellement très profitable…

10 % du capital-risque, avec environ 290 millions d’euros levés chaque année : c’est ce que représente aujourd’hui le marché du corporate venture en France. Même si la pratique, courante aux USA, a encore du mal à intégrer la culture européenne, il ne fait aucun doute que le corporate venture séduit de plus en plus de grands groupes français, conscients de la nécessité d’actionner le levier à croissance long terme qu’est l’innovation radicale, telle que les start-ups la pratiquent.

Le corporate venture comme source d’open innovation

Pour les start-ups et PME innovantes, l’attrait du corporate venture est assez simple à identifier : le groupe partenaire est non seulement source de financementsprovidentiels, mais également de savoir-faire manquants et stratégiques, liés notamment à la promotion et à la distribution des produits ou services. Une telle participation permet en outre de diversifier les sources de financements de l’entreprise.

Quel intérêt pour le grand groupe d’investir dans ces jeunes pousses innovantes ? Stratégique ; financier ; les deux : la réponse varie en fonction des cas.

L’intérêt stratégique est intimement lié au fait que l’innovation est aujourd’hui une composante centrale de la croissance des entreprises. Refuser d’innover, c’est plus que jamais se condamner à disparaître. Mais comment capter cette étincelle d’inspiration au sein d’un grand groupe ? Et comment garder des senseurs en éveil, à l’affût d’une nouvelle idée susceptible de surgir à tout moment sur le marché ? Le corporate venture fait partie des solutions à cette problématique.

Des équipes internes dédiées à la veille innovante naissent ainsi au sein des grands groupes. Véritables outils d’open innovation, leur objectif est de scanner en permanence le paysage entrepreneurial, de repérer les start-ups et PME à fort potentiel mais également de pressentir les nouvelles tendances qui pourraient se transformer en véritable révolution sur le secteur.

C’est la leçon apprise et comprise par Bouygues Télécom qui, au tournant des années 2005, se repend de ne pas avoir su anticiper le raz de marée de l’internet mobile. Le groupe crée en 2008 BTinitiatives, son outil d’open innovation par corporate venture. Le fonds a aujourd’hui à son actif 9 investissements et l’accompagnement de 26 start-ups.

Les avantages financiers du corporate venture font mouche

Élément déclencheur de croissance, l’innovation est bien évidemment source de profits. C’est pourquoi les motivations liées au corporate venture ne sont pas toujours exclusivement stratégiques, mais également financières.

Non seulement des start-ups telles qu’Airbnb, Snapchat et autres Spotify sont aujourd’hui estimées à plusieurs milliards de dollars, mais elle se positionnent bien souvent en concurrence de grands groupes. Il en va dès lors de la prospérité économique de ces derniers de savoir repérer ces pépites avant que leur plein potentiel ne s’exprime.

Intel, leader mondial des semi-conducteurs, est l’illustration la plus emblématique du corporate venture à but financier. Parmi les 1 200 entreprises financées par le fonds Intel Capital, à hauteur de plus d’1,5 milliard de dollars, on ne trouve que des pépites “évidentes”, parmi lesquelles MySQL ou Cnet. Mais est-ce vraiment le bon choix ? Certains observateurs ne peuvent s’empêcher de relever qu’Intel, refusant la prise de risque, a remarquablement raté son implantation sur smartphones et tablettes…

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Opération séduction : le push des pouvoirs publics

Le corporate venture, comme toute forme d’open innovation, est en effet un subtil mélange de flair et de bon sens, l’audace fait donc partie des composantes à intégrer dans la stratégie du groupe.

Pour adoucir le passage à l’acte et séduire les groupes français, la seconde loi rectificative de finance de 2014 prévoit un dispositif très “corporate venture-friendly”. Il est désormais possible pour le groupe d’amortir sur 5 ans ses participations auprès des “jeunes entreprises innovantes”, dans la limite d’1 % de ses actifs.

Cet avantage incitatif s’accompagne d’un dispositif visant à valoriser les entreprises financées : pour bénéficier de l’amortissement, le groupe doit s’engager sur au moins deux ans et acquérir au maximum 20 % du capital de l’heureuse élue.

Par ailleurs, l’opération ne concerne que les entreprises qualifiées par Bpifrance d’entreprises innovantes ou bénéficiant du statut de “jeune entreprise innovante”, soient les PME de moins de 8 ans dont l’investissement en R&D représente au moins 15 % de leurs charges.

L’union fait la force ou la tendance des fonds “multicorporate”

Les industriels ne se contentent cependant pas de l’aide des pouvoirs publics pour franchir le pas. Pour limiter la prise de risque, mutualiser les ressources et optimiser le feedback stratégique du corporate venture, les groupes non concurrents opérant sur un même secteur tendent à se rassembler au sein de fonds “multicorporate”.

Aster Capital est ainsi né en 2009 de la volonté commune d’Alstom, Schneider Electric et Rhodia, tandis qu’OPVenture défend les intérêts communs d’Orange et Publicis. Autre exemple d’importance, Ecomobilité Venture regroupe dès 2011 la SNCF, Total, Orange et Peugeot autour des problématiques cleanTech.

Groupes, start-ups et entreprises innovantes voient d’un très bon œil la naissance de tels fonds, qui limitent le risque de conflits d’intérêts, au sein du fonds comme de l’entreprise accompagnée.

De manière générale, le corporate venture est une illustration de la prise de conscience progressive de la nécessité d’innover lorsque l’on est un grand groupe. Les secteurs les plus concernés par cette pratique sont le numérique, les sciences de la vie et lecCleanTech. Ce goût prononcé pour l’innovation technologique, moins risquée et plus facile à appréhender que d’autres formes d’innovation, est un signe que le corporate venture est un premier pas dans le monde de l’innovation pour de nombreux investisseurs. La collaboration entre groupes et start-ups peut cependant aller bien plus loin…

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